Record historique pour la gastronomie italienne à l’étranger

Daisy Boscolo Marchi
Daisy Boscolo Marchi

L’agroalimentaire italien poursuit sa tendance à l’exportation, avec une augmentation de 3,5% au cours des cinq premiers mois de l’année. Un résultat historique qui a été obtenu malgré un scénario extrêmement défavorable au commerce international, notamment un resserrement des droits de douane, un retour au protectionnisme, des accords de libre-échange sans contrainte et le Brexit.

L’ouverture vers de nouveaux marchés

Le mérite de cette croissance tient du fait que les exportations italiennes se font non seulement sur les marchés traditionnels (notamment l’Union Européenne et l’Amérique du Nord), mais également sur ceux « émergents » de l’Europe de l’Est et des relations de plus en plus étroites avec la Russie. Coldiretti souligne le cas très intéressant de la Pologne : les importations de produits alimentaires et de boissons en provenance d’Italie ont augmenté de plus de 46% au cours des cinq dernières années.

L’Italie et ses concurrents européens

La performance positive des exportations italiennes est l’une des plus élevées par rapport aux concurrents directs : l’Allemagne ne va pas plus loin du + 1%, l’Espagne enregistre une diminution de l’1% et les États-Unis accusent -8%; seule la France progresse plus et augmente ses exportation de + 4%. Une donnée très intéressante qui ressort de l’analyse de Coldiretti, montre que dans certains secteurs tels que le vin, les achats à l’étranger ont dépassé ceux du marché interne. Près des deux tiers des exportations agroalimentaires se font dans les pays de l’Union européenne :  le principal partenaire de l’Italie reste l’Allemagne, où les exportations ont augmenté de 4,9% mais les exportations vers la France ont enregistré une augmentation de 7,4%.

L’Italie et les marchés extra-UE

En raison des tensions engendrées par les négociations sur le Brexit, de l’évolution des taux de change, mais aussi des nouvelles tendances nationalistes, l’augmentation en Grande-Bretagne est moins importante et enregistre +1,3%. Le taux de croissance des exportations dans les États-Unis, qui sont de loin le principal marché italien des produits alimentaires en dehors des frontières de l’Union, a ralenti, ne progressant que de 1,5%.

Très intéressante la performance en Russie : malgré l’embargo sur l’entrée d’une liste importante de produits agroalimentaires, les exportations ont augmenté de 6%.

Deux problèmes auxquels faire face : l’agro-piraterie et la pratique des Nutri-Scores

« La tendance sur les marchés internationaux pourrait encore s’améliorer avec une protection plus efficace contre l’agro-piraterie internationale qui investit plus de 100 milliards d’euros en utilisant de manière inappropriée des mots, des couleurs, des emplacements, des images, des dénominations et des recettes faisant référence à l’Italie pour des produits qui n’ont rien à voir avec la réalité nationale » a déclaré le président de Coldiretti, Roberto Moncalvo. Il souligne également qu’ils existent des systèmes d’étiquetage trompeurs sur des produits tels que l’huile d’olive extra vierge, le Parmigiano Reggiano ou le jambon de Parme, qui, de l’Amérique du Sud à l’Europe, risquent d’être injustement diffamés. Il s’agit , selon Coldiretti, d’« un véritable affront à l’industrie agroalimentaire Made in Italy qui repose sur les produits de traditions séculaires transmises par des générations de fermiers qui se sont engagés à maintenir leurs caractéristiques au fil du temps.

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