L’Italie va expérimenter la première autoroute électrique « zéro impact » en Europe

Daisy Boscolo Marchi
Daisy Boscolo Marchi

L’originalité de l’autoroute électrique italienne tient au fait qu’elle sera la première en Europe « zéro impact », avec l’usage exclusif de panneaux solaires installés tout au long de l’A35. Selon Francesco Bettoni, Président de l’A35 Brebemi, il s’agira de la première autoroute à économie circulaire.

Une révolution pour le transport routier

Le projet prévoit une première phase appelée « étude pilote », utile pour la mise en service et le calibrage du système, dans la partie centrale de l’A35. Ensuite, après les vérifications nécessaires, l’A35 sera complètement électrifiée. Les lignes aériennes seront installées dans les deux sens, de manière à permettre aux véhicules lourds de se connecter au réseau et de se déplacer sans polluer. L’idée est née de la société Scania et prévoit l’installation dans les deux sens d’une ligne électrique suspendue permettant l’alimentation des camions Scania en circulation. Le système, déjà testé en Suède et en Allemagne, rappelle celui, bien connu, des trolleybus : grâce à un pantographe et à un groupe motopropulseur hybride, les véhicules pourront alimenter un moteur électrique. Le projet de 6 km de l’autoroute A35 Brebemi (l’autoroute reliant Brescia à Milan) s’appuiera sur des systèmes de distribution d’électricité qui seront mis en œuvre à l’extérieur de la plate-forme autoroutière avec une ligne de contact à courant continue de 600-750V, construite au-dessus de la voie d’une hauteur d’environ 5,5 mètres.

Les acteurs du projet

Le projet italien implique non seulement l’entreprise allemande Siemens, pionnière dans ce domaine, mais aussi le constructeur de poids lourds suédois Scania, qui expérimentera plusieurs véhicules hybrides sur la ligne. Bettoni, l’un des principaux acteurs du projet, explique très clairement le but du projet : « Une révolution copernicienne qui a trois aspects : culturel, économique et environnemental. Nous ferons changer le rapport des usagers à l’écologie, nous réduirons drastiquement les émissions de CO2 et nous augmenterons la compétitivité des entreprises. Les économies de gazole feront baisser en moyenne de 30 à 40 % leurs coûts de transport. » Il s’agit d’un projet économiquement onéreux : le coût pour 1 kilomètre d’autoroute sera de 1 million d’euro, et électrifier l’ensemble de l’A35 coutera environ 150 millions d’euros. Les ministères italiens des Transports et de l’Environnement sont impliqués dans le projet.

L’A35 : tronçon autoroutier moderne, mais très pollué

Le choix de l’A35 se justifie à la fois par la modernité du tronçon autoroutier et par des raisons « géographiques » : il se situe au cœur du marché national et européen des services logistiques et constitue donc l’un des plus exposés en Europe aux facteurs de pollution. Siemens estime que les émissions de C02 du secteur des transports seraient réduites de 6 millions de tonnes si 30 % du trafic des poids lourds pouvait être électrifié.

Pas de commentaire

Réagir à cet article